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El Harraz est une qasida (long poème monométique), qui est un des textes de la littérature populaire majeurs dans le royaume chérifien mais aussi en Algérie (sous le nom de « Ouicha wel harraz »). Le texte est attribué à Moulay Ali El-Baghdadi, qui l’aurait composé en 1785.
Nous savons l’immense engouement qu’a suscité ce que ce texte a apporté chez les poètes et les amateurs de melhoun, jusqu’a nos jours, aussi bien au Maroc qu’en Algérie. Dans ce contexte, le Melhoun marocain va susciter énormément de vocations, libérer le génie créateur des poètes marocains, et produire à cette époque des œuvres importantes au point où tout le Maghreb voudra goûter a la poésie de grande qualité des poètes comme Sidi Kaddour El Alami, M’hamed En-Nejjar, Benali Cherif (auteur de Echamaa), Mohamed Benslimane (qui fut l’élève de Benali Cherif), Thami Lamdaghri, El-Mernissi, El-Gherabli, et enfin à My Ali El-Baghdadi,…
« El Harraz » puise donc ses sources au XVIIIème siècle. Cette œuvre exprime un lyrisme incomparable et est très exploité dans le malhoun. Ce long poème a été enregistré une seule fois dans son intégralité par feu Haj Houcine Toulali, cheikh de Meknès qui s’est distingué toute sa vie à cet art poético-musical.
Bon nombre de chercheurs de la poésie et du malhoun considèrent d’ailleurs que cette forme de poésie en zajal est l’initiateur des chants troubadours occitans du Moyen-Age.
Vous trouverez les textes de « El Harraz » dans le Diwan Arabe-Kabyle de Rachid Aous sous l’égide de l’UNESCO, Paris 1996 aux Editions El Ouns. Arabe et traduction en français. Une version plus longue figure dans le livre de Emile Bermenghem « Les plus beaux textes Arabes », Edition d’aujourd’hui; Les Introuvables; Paris 1979. 

Le mot « harraz » signifie encore de nos jours en darija cacher à la vue des gens ce que tu aimes. Il est coutumier de dire lors d’un sortilège (Aïn), il faut un harraz un ou talisman…
Il s’agit d’une œuvre à la fois lyrique et satirique, héritière du zajal arabo-andalou dont la finesse révèle un art consommé de la comédie. Le manuscrit a attiré l’attention de grands auteurs orientalistes comme Emile Dermenghem qui classe El Harraz dans la liste des « plus beaux textes arabes » (La Colombe, Paris 1951)
El Harraz met en scène l’homme marocain rusé, malicieux, fin et humain à la fois. El Harraz (cerbère) cupide et infatigable empêche Yacout de rejoindre son bien-aimé Said. Bravant les interdits sous divers accoutrements, l’amoureux transi déploie des trésors d’ingéniosité pour déjouer la vigilance d’El Harraz. La pièce se termine par la révélation classique du melhoun et chaâbi : « Mon nom est célèbre ; la première lettre a pour chiffre 70 et la dernière 30. » Dans le mystère des chiffres Abadji, 70 et 30 signifient « Ali. ».
En Algérie, El Hachemi Guerouabi et Amar Ezzahi, ont extrait l’essentiel du poème pour l’adapter aux attentes du public algérien.
El Harraz est également le nom d’une pièce de théâtre écrite par Taib Saddiki et fut chantée à cette occasion par les Nass El Ghiwane. On se souvient encore de l’interprétation de Boujmîa qui fut un immense chanteur, poète, musicien marocain, décédé en octobre 1974.